Allergies : ouverture d’une consultation d’urgence au CHRU de Nancy

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A Nancy, l’ouverture d’une consultation d’urgence d’allergie vient compléter l’offre de soins spécialisés proposée aux adultes et enfants souffrant d’allergies alimentaires, respiratoires, médicamenteuses, de contact, professionnelles ou encore causées par une piqûre d’hyménoptère (abeille, guêpe…).

A Nancy,  l’ouverture d’une consultation d’urgence d’allergie vient compléter l’offre de soins spécialisés proposée aux adultes et enfants souffrant d’allergies alimentaires, respiratoires, médicamenteuses, de contact, professionnelles ou encore causées par une piqûre d’hyménoptère (abeille, guêpe…).
Une fois le diagnostic posé par les médecins des urgences hospitalières, les personnes victimes d’une réaction allergique grave sont dirigés vers l’unité d’allergologie. Objectifs : faciliter les investigations pour en déterminer l’origine, rassurer et apporter tous les conseils spécialisés.
Placée sous la responsabilité du Pr Annick Barbaud, l’allergologie adulte est située dans le bâtiment des spécialités médicales Philippe Canton ; l’activité pédiatrique est, quant à elle, assurée à l’hôpital d’Enfants et coordonnée par le Dr Pascale Dumond.
En février 2014, une consultation allergologique d’urgence a été mise en place pour les adultes. La personne admise aux urgences du CHRU suite à une réaction anaphylactique – réaction allergique très grave – est incitée à consulter l’unité d’allergologie dans les 72 heures. « Voir au plus vite le patient permet de déterminer au mieux ce qui a déclenché le choc, explique le Pr Barbaud. On rassemble d’abord un maximum d’informations sur les circonstances de l’accident pour orienter le choix des tests : menu pris au restaurant, médicament utilisé, etc. La consultation permet aussi de rassurer la personne face à une situation souvent anxiogène et de la conseiller sur le bon usage de la trousse d’urgence en cas de nouveau choc. » La personne allergique peut également être orientée vers cette consultation par son médecin traitant.
Les plateaux d’allergologie adulte et enfant sont articulés autour du même principe : des bureaux de consultation et des boxes individuels où sont réalisés les tests cutanés, juste à côté du secteur d’hospitalisation de jour où se déroulent les tests de réintroduction, facilitant ainsi la surveillance des personnes en cas de réaction allergique.
L’allergologie est un domaine transversal pour lequel l’éclairage pluridisciplinaire est indispensable : allergologues généraux, pédiatres, dermatologues, pneumologues. « Notre activité s’appuie également sur la solide expertise de l’équipe infirmière qui couvre un champ très vaste puisque tout notre environnement est potentiellement allergène » souligne Annick Barbaud. Si les tests ne varient pas en eux-mêmes, les préparations doivent s’adapter à des éléments très divers : un médicament et son générique, des produits aux textures diverses (shampoing, laque capillaire, résine industrielle, peinture automobile, cosmétique, vêtements…)
Le CHRU de Nancy est centre de compétences pour les accidents médicamenteux graves, notamment les toxidermies bulleuses dont la prise en charge s’apparente à celle des grands brûlés. Produits de contraste iodés, pénicilline et anti-inflammatoire sont les médicaments les plus fréquemment impliqués dans les réactions allergiques. « Il s’agit pour nous de dire le plus rapidement possible au patient et aux professionnels de santé qui le suivent, quel traitement il doit arrêter et surtout, l’alternative que nous lui proposons, résume le Pr Annick Barbaud. Pour les traitements plus lourds et personnalisés comme la chimiothérapie ou les biothérapies, l’enjeu est de conserver le traitement malgré l’allergie. On procède alors à une induction de tolérance avec des doses progressives. » Pour les accidents survenant au bloc opératoire, ce sont les produits anesthésiques généraux qui sont testés, mais également les autres allergènes possibles comme les antiseptiques. Avec toujours l’objectif de trouver une alternative pour garantir la bonne prise en charge du patient.
« Nous sommes également très impliqués dans la recherche, poursuit la dermato-allergologue. Un des axes développés à Nancy : les réactions croisées. C’est par exemple être en mesure de répondre à la question : « Si je suis allergique à l’amoxicilline, est-ce que je peux prendre un autre antibiotique de la même famille ? » ». L’activité de recherche est énormément facilitée par l’informatisation du suivi des patients depuis 2007. Profils, prescriptions tests, résultats : tout est réuni dans une base de données qui s’enrichit en permanence et qui peut être facilement interrogée pour différentes études. Le logiciel unique en France a été développé en lien avec les informaticiens d’une entreprise lorraine spécialisée dans les logiciels médicaux et du CHRU de Nancy.
Les allergies d’origine professionnelle sont traitées en collaboration avec le centre de consultation des pathologies professionnelles, le département de pneumologie et le laboratoire d’épreuve fonctionnelle respiratoire du CHRU de Nancy. Cette activité nécessite tous ces éclairages pour déterminer les investigations à mener. Les cas les plus complexes sont discutés en réunions mensuelles, ce qui permet aux professionnels sollicités pour des examens complémentaires de connaître le dossier du patient avant la consultation. 
Les allergies alimentaires représentent une part importante des consultations et hospitalisations de jour de l’enfant dans l’unité d’Allergologie pédiatrique du CHRU : leur fréquence a tendance à augmenter avec une atteinte de 6 à 8% des enfants. L’accès rapide à la consultation est facilité pour les nourrissons et les patients ayant présenté une réaction allergique récente. 
« Chez les nourrissons, les allergies les plus fréquentes sont le lait et l’œuf, liste le Dr Pascale Dumond ; celles à l’arachide et aux fruits à coque sont davantage présentes chez les plus grands. Symptômes possibles : dermatite atopique, troubles digestifs chez le nourrisson, mais aussi réactions immédiates de type urticaire, œdème, vomissement, rhinoconjonctive, asthme ou malaise. »
L’exploration de ces allergies passe par des tests cutanés et des tests de provocation orale. L’équipe utilise de véritables morceaux d’aliments préparés et conditionnés de manière spécifique par le laboratoire de l’aliment du CHRU de Nancy, afin d’éviter que l’échantillon ne soit contaminé par d’autres allergènes, risquant ainsi de fausser les résultats. Quant aux tests de réintroduction, ils doivent être réalisés sous surveillance hospitalière par une équipe entraînée, à proximité d’un service de réanimation pédiatrique.
Les allergies alimentaires impliquent la mise en place d’un projet d’accueil individualisé pour l’enfant en collectivité, avec prescription d’une trousse d’urgence. Le rôle de la diététicienne spécialisée est primordial pour expliquer le régime à suivre. Dans certaines situations, l’angoisse de la réaction allergique potentielle peut nécessiter l’intervention d’une psychologue auprès de l’enfant allergique et de sa famille.
Avec l’âge, une guérison spontanée est le plus souvent observée pour les allergies au lait, au blé et à l’œuf ; lorsqu’elles persistent, des protocoles de tolérance sont proposés : ils consistent à donner à l’enfant des quantités progressivement croissantes de l’aliment afin d’aider l’organisme à développer une tolérance. « Les allergies à l’arachide et aux fruits à coque se maintiennent dans le temps, mais des protocoles de tolérance seront sans doute amenés à se développer de plus en plus », précise le Dr Dumond.
Une importante activité d’éducation thérapeutique est menée par les équipes du CHRU de Nancy – médecins, infirmières, diététicienne et psychologue formées, à travers deux programmes autorisés par l’Agence Régionale de Santé. Pour les soins cutanés et la prise en charge globale de la dermatite atopique, « apprendre au patient à refaire chez soi les pansements spécifiques, permet de diminuer la gravité des éruptions, donc de lui éviter un traitement par voie générale et ainsi d’améliorer sa qualité de vie », indique le Pr Barbaud. Pour les patients à risque d’anaphylaxie alimentaire, il est important que la famille et l’enfant, selon son âge, puissent agir de façon adaptée et mettre en œuvre le protocole de soin d’urgence.

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