Rimbo, faire rayonner la recherche au-delà des CHU

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Professeur de thérapeutique très impliqué dans la recherche clinique et l’évaluation des thérapeutiques, Dominique Mottier a déjà à son actif la création d’un centre d’investigation clinique au CHU de Brest et la direction d’une équipe de recherche sur la thrombose en passe d’être labellisée Inserm en 2019. Il est également à l’origine de la Fédération Rimbo qui a permis un développement exceptionnel de la recherche clinique en Bretagne occidentale. Explications.

Professeur de thérapeutique très impliqué dans la recherche clinique et l’évaluation des thérapeutiques, Dominique Mottier a déjà à son actif la création d’un centre d’investigation clinique au CHU de Brest et la direction d’une équipe de recherche sur la thrombose en passe d’être labellisée Inserm en 2019. Il est également à l’origine de la Fédération Rimbo qui a permis un développement exceptionnel de la recherche clinique en Bretagne occidentale. Explications.
La Fédération Rimbo – pour Recherche innovation médicale en Bretagne occidentale – est née de la volonté du Pr Dominique Mottier de « sortir la recherche clinique du CHU et de travailler avec les hôpitaux périphériques ». Une vision confortée par les orientations gouvernementales. C’est en effet suite à la réponse, en 2011, à un appel d’offres du ministère de la Santé visant à renforcer la recherche clinique en dehors des CHU, que l’équipe du Pr Dominique Mottier obtient un financement de 500 000 euros par an pendant six ans. « A partir de ce « starter », nous avons développé la recherche clinique sur le territoire de santé en créant la fédération médicale hospitalière Rimbo. Le Centre d’investigation clinique (CIC) et la Délégation à la recherche clinique et à l’innovation (DRCI) de notre CHU sont devenus CIC et DRCI de territoire. Nous avons mis à disposition une technicienne de recherche clinique dans chacune des structures adhérentes, lesquelles peuvent également bénéficier de notre expertise méthodologique via un centre de ressources méthodologiques que je dirige. Par ailleurs, tous les mois ou tous les deux mois, j’anime une après-midi de recherche clinique dans chacun des établissements parties », explique le Pr Dominique Mottier.
Sur le versant hospitalier, Rimbo regroupe le CHU de Brest (2 500 lits), l’hôpital d’instruction des armées, l’hôpital de Landerneau, le CH de Quimper et le CH de Carhaix. « Soit environ 5 000 lits d’hospitalisation au total. Notre possibilité d’inclure des patients dans des essais cliniques a donc été multipliée par deux par rapport au seul CHU », poursuit le Pr Dominique Mottier. Aux établissements hospitaliers se sont ajoutés deux start-ups spécialisées dans les essais thérapeutiques sur des molécules issues de la mer : ManRos (1) et Hemarina (2). Une structure de recherche de médecine générale du Finistère, la seule à être labellisée équipe d’accueil en France, a également rejoint le Groupement. « Nous avons accès à tous les hôpitaux du territoire, à la population de médecine générale et aux structures innovantes », se félicite le Pr Mottier. Rimbo a également promu et développé la recherche clinique paramédicale coordonnée par le Pr Mottier et  Marc Beaumont kinésithérapeute.  

Un bilan très positif   

Après seulement quelques années d’existence, Rimbo a atteint trois objectifs majeurs – Multiplier par deux les possibilités de recrutement dans les essais cliniques,
– Soutenir les initiatives des praticiens des établissements membres en leur apportant une aide méthodologique et la faculté de recrutement.
– Et enfin, donner accès à l’innovation thérapeutique, en particulier en cancérologie.
Les bénéfices d’une telle organisation sont multiples : outre un formidable levier pour la formation continue et l’amélioration de la qualité des prises en charge, l’implantation de protocoles communs a permis de créer des réseaux de soins. « Un progrès majeur pour permettre à la population d’accéder à la même qualité de soins partout sur notre territoire », souligne le Pr Dominique Mottier. En termes de recherche, le bilan est impressionnant : le nombre d’inclusion dans les établissements de la Fédération est passé de pratiquement zéro en 2012 à près de 16 000 en 2019. Et depuis 2012, plusieurs essais thérapeutiques ont donné lieu à des publications (4 publications dans des revues anglo-saxonnes à comité de lecture). Notons également que cinq programmes hospitaliers de recherche infirmier et paramédical (PHRIP), cinq programmes de recherche sur les performances du système de soins (PREPS) et trois programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC) ont été menés à terme et ont donné lieu à des publications. Par ailleurs, le personnel dédié a quasiment été multiplié par trois avec aujourd’hui cinq techniciens de recherche clinique à Quimper, deux à Morlaix et deux à l’hôpital des Armées. Autre motif de satisfaction pour le Pr Mottier : dans le cadre d’un essai thérapeutique incluant 5 000 patients et impliquant l’ensemble des CHU, les établissements du territoire de santé ont inclus à eux-seuls 25% des patients.  

Nouveaux projets

Au chapitre des projets, le Pr Dominique Mottier aimerait améliorer encore la structuration et fédérer des établissements privés. « Les groupements de cliniques émargent aux scores SIGAPS-SIGREC (3) et notre priorité est l’intérêt scientifique. Si nous voulons apporter des réponses pertinentes, nous devons avoir accès à l’ensemble du recrutement d’une pathologie donnée. Or aujourd’hui nos résultats ne s’appliquent pas forcément à l’ensemble de la population car les cliniques prennent en charge des malades dont les caractéristiques d’âge, de gravité, de pathologies associées sont souvent différentes. » Face aux difficultés de recruter des placebos pour les essais thérapeutiques comparatifs en simple ou en double aveugle, le Pr Dominique Mottier a également mis en place depuis quatre ans une structure permettant la mise à disposition de placebos en collaboration avec HUGO. « Nous aimerions que cette structure devienne nationale, voire européenne pour garantir une recherche académique indépendante. Il  faut intégrer l’activité de recherche clinique à l’activité de soins. Notre système de santé étant extrêmement généreux, il serait normal que chaque patient participe à la recherche clinique observationnelle. Ce serait une contrepartie minime », conclut le Pr Dominique Mottier.    
Hélène DELMOTTE
1 – À Roscoff, une start-up issue du CNRS a mis au point une molécule capable d’agir contre des cancers, des bactéries et la Mucoviscidose.
2 – Hemarina produit une molécule d’hémoglobine purifiée qui améliore la conservation des greffons.
3 – L’application SIGAPS-SIGREC permet le recensement des publications scientifiques et des essais cliniques réalisés dans un établissement de santé.  

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