Dossier maladie :  cancer du côlon

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A l’occasion de mars bleu, la rédaction de CHU Média publie un dossier consacré au cancer du colon.

Qu’est-ce que le cancer du côlon ? 

Les cancers du côlon et du rectum ont touché 47 582 personnes en 2023 (d’après les données de l’INCA de 2023). C’est le troisième cancer le plus fréquent chez l’homme derrière les cancers de la prostate et les cancers du poumon. Chez la femme, c’est le second cancer le plus fréquent derrière les cancers du sein. Il atteint plus fréquemment les hommes que les femmes. Le risque moyen de développer un cancer colorectal durant son existence est compris entre 3 et 5%. Ce risque commence à augmenter à partir de 40 ans. Il survient en grande majorité́ chez les personnes âgées de 50 ans et plus avec un âge moyen au diagnostic en 2023 : 71 ans chez l’homme et 72 ans chez la femme. Le nombre de décès par cancer du côlon et du rectum est estimé en 2018 à 17000 (9200 hommes et 7800 femmes).

Les cancers du côlon et du rectum sont des adénocarcinomes (tumeurs malignes) qui se développent aux dépens des cellules de la muqueuse colique. Cette maladie est définie selon sa localisation qui modifie la prise en charge (côlon droit, côlon gauche, rectum) d’une part et par le statut moléculaire de la tumeur, d’autre part.

Quelles sont les causes et facteurs de risque du cancer du côlon ?

Les facteurs de risques sont multiples. Certains de ces facteurs sont directement liés à la constitution d’un individu alors que d’autres facteurs sont liés à l’environnement.

Nous retrouvons en premier lieu les facteurs de risques génétiques. Parmi les facteurs constitutionnels, l’hérédité peut jouer un rôle. 5 à 10 % des patients avec un cancer colorectal ont une prédisposition génétique due à des mutations qui se transmettent d’une génération à l’autre et qui sont impliquées dans le développement de ces cancers. La forme la plus fréquente de cancer colorectal héréditaire est due au syndrome de Lynch qui est responsable de 3 à 5 % des cancers colorectaux. Les patients avec un syndrome de lynch ont un risque plus élevé de faire un cancer colorectal et l’âge d’apparition du cancer se fait vers 45 ans. Ils ont aussi un risque plus élevé de faire un cancer de l’endomètre (utérus), de l’ovaire, de l’estomac, de l’intestin grêle ou des voies biliaires ou urinaires.

Une autre forme héréditaire de cancer colorectal est la polypose adénomateuse familiale (PAF) qui représente environ 1 % des cancers colorectaux. Les patients avec une PAF vont avoir de multiples polypes qui apparaissent au cours de la deuxième décennie et dont le nombre augmente avec l’âge. Cette polypose est due à une mutation dans un gène suppresseur de tumeur, le gène APC. Le risque de cancer est d’environ 50 % à 40 ans et pratiquement de 100 % à 60 ans. Il existe cependant des formes atténuées pour lesquelles le risque est moins élevé.

De plus, on observe une disposition familiale chez 15 à 20 % des patients. Celle-ci peut être due à une prédisposition génétique, à un mode de vie des membres de la famille, au hasard ou à une association de ces différents facteurs. Le risque d’avoir un cancer colorectal au cours de son existence est doublé lorsqu’un parent au premier degré (père, mère, frère, sœur, enfant) est diagnostiqué avec un cancer colorectal à l’âge de 50-70 ans. Le risque triple si le diagnostic est fait chez le parent au premier degré avant l’âge de 50 ans.

Une personne déjà traitée pour un cancer colorectal présente un risque plus élevé de développer un second cancer colorectal. Les femmes ayant eu un cancer du sein, de l’ovaire ou de l’utérus ont également un risque un peu plus important d’avoir un cancer colorectal. 

En dehors du facteurs héréditaire, il existe également un risque de développer un cancer du côlon avec des maladies déjà présentes en amont telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique ou RCH). Néanmoins, ces maladies inflammatoires expliquent seulement 0,4 % des cancers colorectaux et ce pourcentage est en diminution avec l’amélioration de leur prise en charge. L’âge est également un facteur important dans le développement du cancer. En effet, le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal augmente avec l’âge et 90 % des patients ont plus de 50 ans.

À côté des facteurs constitutionnels, plusieurs facteurs environnementaux liés au mode de vie augmentent le risque de cancer colorectal. C’est notamment le cas du tabac, de l’alcool, de l’alimentation, du surpoids et de l’absence d’exercice physique. En parallèle, l’alimentation est aussi un élément à prendre en compte. Il est important d’avoir une alimentation riche en fibres et en fruits et légumes. Il faut également limiter la consommation de viandes rouges et de charcuterie. En pratique, il est conseillé de limiter la  consommation de viandes rouges à moins de 500 g par semaine, de privilégier la volaille et de l’alterner avec poissons, œufs et légumes secs ainsi que de limiter la consommation de charcuterie à moins de 150 g par semaine. Il est également important de limiter la consommation de fast food et d’aliments ultra-transformés et riches en matières grasses. Pour avoir un équilibre alimentaire, il faut également consommer quotidiennement des produits laitiers. Il est conseillé de consommer deux produits laitiers par jour en les alternant. Enfin, limiter la consommation d’alcool. 

Plusieurs études indiquent que 16 à 71 % des cancers colorectaux en Europe et aux Etats-Unis sont attribuables à des facteurs liés au mode de vie. La bonne nouvelle est que beaucoup de ces facteurs sont modifiables en changeant certaines habitudes de vie comme une meilleure alimentation et une activité physique régulière.

Comme pour d’autres cancers, l’incidence des carcinomes colorectaux a augmenté de manière constante entre 2000 et 2020 chez les adolescents et jeunes adultes de 15 à 39 ans (+ 1,43% par an en moyenne). Alors qu’un histoire de famille du cancer colorectal est un facteur de risque non modifiable, des études antérieures montrent qu’il existe plusieurs facteurs de risque modifiables, notamment le régime, l’activité physique, l’obésité, le mauvais sommeil, la consommation d’alcool et ou encore la consommation de tabac. Il est donc important de sensibiliser également le jeune public afin de prévenir des risques du cancer du côlon et de les amener à se faire dépister s’ ils perçoivent des symptômes typiques.

Quels sont les symptômes et comment se développe la maladie ? 

Le cancer colorectal se développe souvent sans provoquer de symptômes. Les symptômes apparaissent au fur et à mesure que la tumeur se développe. La personne touchée va voir un changement soudain du transit intestinal. Des constipations, diarrhée persistante, des selles plus minces que d’habitude, sensation que le rectum n’est pas complètement vide après être allé à la selle, gaz, crampes abdominales et ballonnement, un besoin urgent d’aller à la selle, une fausse envie d’aller à la selle ainsi que des nausées et vomissements.

Les cancers colorectaux peuvent provoquer des hémorragies dans le tube digestif. Les selles peuvent avoir l’air normal (car le sang est invisible à l’œil nu), parfois elles ont l’air d’être plus foncées ou sont recouvertes de sang rouge clair. Une anémie (diminution du taux de globules rouges) découverte lors d’une analyse de sang peut aussi être un signe d’appel d’un cancer colorectal.  Comme ces saignements peuvent avoir d’autres causes ( des hémorroïdes), vous devez consulter votre médecin pour faire la part des choses. 

Des douleurs peuvent également apparaître par des crampes au ventre, des gaz, une sensation de ballonnement ou encore par des selles douloureuses. Parfois le signe révélateur d’un cancer colorectal peut-être une occlusion intestinale. La tumeur bloque alors le passage des selles dans le côlon. Ceci est une urgence, car non traitée, l’occlusion intestinal peut perforer le côlon et infecter le péritoine. 

La majorité des cancers colorectaux se développent à partir de polypes qui sont des tumeurs bénignes. Certains types de polypes peuvent se transformer en cancer au fil du temps, mais pas tous les polypes ne deviennent des cancers. La probabilité qu’une polype se transforme en cancer dépend du type de polype.

Quels sont les différents types de polypes ? 

Les deux principaux types de polypes sont les polypes adénomateux et les polypes hyperplasiques et inflammatoires. 

Les adénomes représentent environ 70% des polypes et sont à l’origine de plus de 80% des cancers colorectaux. Ces polypes se développent à partir des glandes situées dans la muqueuse du côlon et du rectum. Petits, ils restent bénins. Cependant, avec le temps, certains se mettent à grossir et se transforment en cancer, un processus qui prend en moyenne 10 à 15 ans. Le risque d’un polype se transforme en cancer dépend de plusieurs facteurs : le type d’adénome ( il en existe quatres), sa taille ( plus il est gros, plus le risque du cancer augmente) et le nombre (plus il y en a, plus la probabilité que l’un d’entre eux se transforme en cancer augmente). Seuls trois adénomes sur 1000 deviennent cancéreux.
Les polypes hyperplasiques et inflammatoires, sont plus fréquents, mais en général, ils ne sont pas précancéreux car ils n’évoluent pas et restent bénins. 

Comment le diagnostic est-il fait ? 

Le diagnostic du cancer du côlon repose sur une coloscopie réalisée le plus souvent sous anesthésie générale.

Elle permet de confirmer la présence d’une tumeur, sa localisation et la réalisation d’un prélèvement histologique (la confirmation du diagnostic de cancer).

Afin d’avoir un diagnostic complet, les caractéristiques du cancer seront recherchées grâce à différents examens :

  • Un bilan d’extension par imagerie : Avec un scanner du thorax, de l’abdomen et du pelvis. Parfois une IRM du rectum ou un TEP – Scan peuvent être demandés.
  • Un diagnostic histologique : Suite à une biopsie réalisée le plus souvent pendant la coloscopie. Ainsi, l’anatomopathologiste va analyser les tissus pour définir le type, le sous-type histologique du cancer et mettre en évidence la présence de marqueurs permettant d’adapter le traitement.
  • Une analyse moléculaire : Pour rechercher des potentielles mutations prédictives telles que le gène RAS impliqué dans le développement de ces cancers.
  • Analyses de sang

Quels sont les traitements ?

Il existe différents types de traitements pour traiter un cancer colorectal : la chirurgie, la radiothérapie (pour les cancers du rectum), la chimiothérapie et les thérapies ciblées. Il arrive parfois qu’un seul type de traitement soit nécessaire. Dans d’autres cas, une superposition de traitements peut avoir lieu afin de mieux maîtriser la maladie. 

Les traitements sont divisés en deux phrases : les traitements locaux et les traitements systémiques. Les traitements locaux traitent la tumeur sans affecter le reste du corps. Ces traitements sont utiles pour les cancers de stade précoce mais ils peuvent aussi être utilisés dans d’autres situations. Les types de thérapie locale utilisés pour le cancer colorectal  sont la chirurgie et la radiothérapie.  
Les traitements systémiques, eux, atteignent les cellules cancéreuses dans tout l’organisme à l’aide de médicaments, qui peuvent être administrés par voie orale ou directement dans le sang. Trois types  de traitements existent : la chimiothérapie, la thérapie ciblée et l’immunothérapie. 

Exemple avec l’hôpital Gustave Roussy qui mène des recherches sur le cancer du côlon

L’hôpital Gustave Roussy fait partie des établissements de santé spécialisés dans le cancer du côlon. Il a mené plusieurs études concernant l’augmentation de certains cancers chez les jeunes adultes. L’incidence de certains cancers augmente chez les adultes jeunes (20-40 ans), comme en témoignent plusieurs publications scientifiques récentes. Ces augmentations concernent les cancers : du côlon, du pancréas, du sein, de la thyroïde, du rein, du petit intestin, et du corps utérin. À ce stade, la préoccupation ne porte pas tant sur le nombre de cas en tant que tel qui reste limité, mais sur le fait que cette hausse est bel et bien présente et que le plateau de cette hausse n’est pas atteint. Ils ne peuvent donc pas encore prédire quand ce plateau sera atteint. 

Un cancer à 30 ans n’a pas les mêmes répercussions en termes d’années de vie perdues, d’impact sur la vie socioprofessionnelle et familiale… Gustave Roussy est en ordre de marche pour éviter que cette hausse se transforme en problème majeur de santé publique. Trois programmes de recherches sont dédiés à cette initiative. Pour en savoir plus sur les études menées, cliquez sur ce lien. 

 

La Rédaction


Ce dossier n’a qu’une valeur informative non-exhaustive et ne remplace en aucun cas l’avis d’un médical d’un expert. 

Quelques chiffres

  • Les cancers du côlon et du rectum ont touché 47 582 personnes en 2023
  • Le risque moyen de développer un cancer colorectal durant son existence est compris entre 3 et 5%
  •  Le nombre de décès par cancer du côlon et du rectum est estimé en 2018 à 17000
  • 5 à 10 % des patients avec un cancer colorectal ont une prédisposition génétique
  •  On observe une disposition familiale chez 15 à 20 % des patients
  • L’incidence de certains cancers augmente chez les adultes jeunes (20-40 ans)

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