Cancer : soigner le myélome multiple grâce aux CAR-T cells, une 1ère à Poitiers

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Un patient souffrant de myélome multiple, un cancer de la moelle osseuse, a été traité par immunothérapie à base de CAR-T cells au CHU de Poitiers, le 3 juin 2019 ; seuls 8 patients avaient reçus ce traitement en France à ce stade. Ce traitement innovant, très efficace pour lutter contre les formes graves de plusieurs cancers consiste à modifier génétiquement, en laboratoire, certaines cellules de l’immunité appelées les lymphocytes T, afin de les munir d’un récepteur, le CAR (chimeric antigen receptor), pour traquer les cellules cancéreuses et les détruire. Le CHU de Poitiers compte parmi les trois centres en France ayant participé à des essais thérapeutiques et donc autorisés à réaliser les CAR T-cells* dans le myélome multiple. Aujourd’hui six autres patients de toute la France sont inclus dans cet essai clinique de phase 2. Grâce à ce traitement, ils pourraient voir leur espérance de vie prolongée de plus de 2 ans.

Un patient souffrant de myélome multiple, un cancer de la moelle osseuse, a été traité par immunothérapie à base de CAR-T cells au CHU de Poitiers, le 3 juin 2019 ; seuls 8 patients avaient reçus ce traitement en France à ce stade. Ce traitement innovant, très efficace pour lutter contre les formes graves de plusieurs cancers consiste à modifier génétiquement, en laboratoire, certaines cellules de l’immunité appelées les lymphocytes T, afin de les munir d’un récepteur, le CAR (chimeric antigen receptor), pour traquer les cellules cancéreuses et les détruire. Le CHU de Poitiers compte parmi les trois centres en France ayant participé à des essais thérapeutiques et donc autorisés à réaliser les CAR T-cells* dans le myélome multiple. Aujourd’hui six autres patients de toute la France sont inclus dans cet essai clinique de phase 2. Grâce à ce traitement, ils pourraient voir leur espérance de vie prolongée de plus de 2 ans. 

Un traitement en plusieurs phases détaillé par le Pr Leleu, chef du service d’oncologie hématologique et thérapie cellulaire du CHU de Poitiers

Les lymphocytes du patient sont prélevés dans le sang à partir d’une ponction de leurs veines. Ces lymphocytes sont ensuite envoyés aux Etats-Unis où ils subissent une modification génétique en laboratoire. Ils ont dotés d’un récepteur, le CAR (chimeric antigen receptor). Ensuite ces lymphocytes T sont multipliés de manière à pouvoir disposer d’une grande quantité reprogrammés. La reprogrammation puis la multiplication durent environ trois semaines à un mois. Au terme de cette multiplication, le patient recevra une chimiothérapie de préparation dont l’objectif est de réduire le nombre de lymphocytes T du patient (ceux qui fonctionnent mal). Quelques jours après, les lymphocytes T reprogrammés (CAR-T) sont réinjectés au patient. Ils vont alors, au contact de la tumeur, reconnaître spécifiquement les cellules tumorales et s’activer pour détruire ces cellules malignes. Le CAR T-cell se réalise lui avec une seule injection, dont l’action est unique,plus active et efficace que les traitements connus, mais surtout dont l’efficacité persiste sur plusieurs mois, voire même plusieurs années, ce que les essais cliniques doivent confirmer.
Entré au CHU de Poitiers, le 29 mai 2019, le patient a été hospitalisé pendant cinq jours, avant de recevoir le traitement. L’injection des CAR T-cells a eu lieu le 3 juin. Deux semaines après, le patient a pu quitter l’établissement, le 20 juin. Il s’est installé quelques semaines à Poitiers pour une surveillance médicale.

Qui peut bénéficier de ce traitement ?

Le myélome multiple touche chaque année 7 000 nouvelles personnes en France. Pour le moment, le traitement par CAR T-cell est réservé exclusivement aux patients dont la maladie est réfractaire aux traitements habituels, ou en rechute après des traitements intensifs et dont la probabilité de survie est faible soit 700 personnes par an (10%). Le patient poitevin avait suivi différents traitements mais les phases de réponse de plus en plus courtes alternaient avec des phases de rechutes de plus en plus fréquentes et nombreuses. C’est pourquoi il était éligible à ce nouveau traitement. L’avenir sera d’utiliser cette thérapeutique plus précocement dans le Myélome pour en améliorer les résultats, et Poitiers participe à un essai en ce sens et plusieurs autres essais devraient ouvrir en 2020.

Un traitement onéreux

Le coût du traitement par CAR T-cells s’élève approximativement à 350 000 euros, financé par l’industrie pharmaceutique dans le cadre des essais thérapeutiques. Ce montant bien qu’important reste malgré tout inférieur au coût d’un traitement en cancérologie s’il est conduit sur plusieurs années, qui peut atteindre les 200 000 euros par an et par patient, fréquemment le cas dans le myélome multiple.

* CHU de Lille et de Nantes

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